« L’acteur qui joue sous le masque reçoit de cet objet de carton la réalité de son personnage. Il est sous son contrôle et lui obéit irrésistiblement. A peine l’a-t-il chaussé, il sent s’épancher une existence dont il était vide, qu’il ne soupçonnait même pas. » Copeau.
La danse prend pour base le corps ainsi créé du personnage et développe les mouvements et les images.
«Ce sont des attitudes composées de symétrie, sottes mais spirituelles, grossières, mais gracieuses, toujours bizarres et montrant toujours un état d’âme conforme à la situation et au sujet traité » J. Casanova
Les discours absurdes et publicitaires de Pasdherbe (l’un des personnages), les dialogues comiques se mêlent dans une diversité de ton à des passages de L’illusion Comique de Corneille et à un poème de Becket « Comment dire ».
En effet nous nous permettons d’insérer dans cette pièce burlesque des moments tragiques qui donnent aux personnages une plus grande humanité.
Je veux parler du monde actuel et non pas reproduire exactement une forme passée aussi intéressante soit elle. La commedia dell’arte telle qu’elle a existé ne toucherait pas le public actuel comme elle touchait celui de l’époque : Pantalon, vieux marchand vénitien, représentait ceux qui avaient le pouvoir et l’argent. Ce n’est plus tout à fait le cas. C’est pourquoi, au lieu d’un Pantalon, je crée un nouveau personnage, mélange d’homme d’affaires et de vautour (qui n’est pas forcément un animal négatif mais qui a un comportement assez proche de la classe « mondialisée »). Car je veux parler au public d’aujourd’hui des problèmes très actuels qu’entraînent la mondialisation et les relations de pouvoir qui ont, elles, toujours existé. Les rapports de force ne sont plus forcément entre maître et valet mais entre une classe mondialisée et des classes populaires, entre les Pays Riches et les Pays les Moins Avancés.